Vagabondages aromatiques à New Delhi

Chaque passage à New Delhi me mène dans le vieux quartier de la ville, Old Delhi, pour flâner au Khari Baoli, le plus grand marché aux épices d’Asie. Cette fois-ci, ce ne sont pas les étalages d’épices qui ont capté mon attention, mais la vie dans les allées et sur les toits.

Parcourez l'article à votre guise, texte, série d'images ou simplement le plaisir de déambuler dans différents marchés de la ville à travers la courte video ci-dessous, sans aucune prétention documentaire.

Belle découverte à vous et bon voyage.
Céline

Elle ne quitte plus ma mémoire olfactive. Tantôt douceâtre, tantôt nauséabonde, l’odeur de l’Inde est pénétrante.

À chaque retour de voyage, j’invoque les dieux indiens pour que sa plus douce version soit au rendez-vous. J’ouvre précipitamment ma valise et je pars butiner les reliquats pris au piège dans mes bagages.

Mon nez est fin et sensible et nul besoin de prendre une grande inspiration pour la retrouver. Involontairement, mes yeux se ferment. Le passé devient le présent, retour à la case départ ! Propulsée dans l’espace et le temps je suis soudainement plantée au milieu des ruelles animées et colorées. À peine ai-je le temps d’assouvir ce plaisir retrouvé que je suis éjectée vers ma chambre d’hôtel grâce à cette subtile note de naphtaline qui me rappelle les nuits sans sommeil.

Je prolonge cette addiction en enfonçant mon nez dans un morceau de tissu, en flairant un objet souvenir, en faisant glisser une baguette d’encens sous mes narines à la manière d’un fumeur de cigares. Puis je m’empresse de faire brûler ce bâton pour que l’ivresse monte encore un peu.

L’odeur de l’Inde, ce sont des senteurs divines de la rose et du jasmin, des notes boisées du patchouli et du bois de santal, des bouquets d’épices, de la cannelle, de la cardamome et du cumin, etc. Une composition que les plus grands créateurs de parfum auraient peine à reproduire.

Mais je ne vous mentirai pas, dans les rues indiennes, on y trouve aussi des émanations d’urine et de sueur, des relents d’excréments de vaches qui tentent de trouver quelques végétaux dans un caniveau, le tout enveloppé d’une bulle de gaz d’échappement. Pourtant je l’aime, cette Inde contrastée.

Ce désir olfactif étant plus ou moins comblé, s’en suit la détresse gustative. Vous comprendrez dorénavant mes aspirations futures. Dans une prochaine vie, je serai parfumeuse pour provoquer des vertiges oniriques, et dans la suivante, je serai cheffe pour séduire le palais.

Il semblerait que l’odeur et le goût soient davantage évocateurs que tous nos autres systèmes sensoriels comme la vue, le toucher ou l’ouïe. Proust en fait une belle démonstration grâce à la madeleine.

La boite à épices posée sur le plan de travail, il est temps de mettre la main au fourneau pour chatouiller les papilles, plus que pour satisfaire l’estomac lui-même d’ailleurs. Un retour doit se faire en douceur. Il ne s’agit pas de tout bouleverser du jour au lendemain. Je respecte fidèlement les paliers sensoriels. Il ne manquerait plus que je sois victime du syndrome de l’Inde !

Céline

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Juliette

Des images qui donnent faim rien qu’à l’odeur ! merci pour la balade !!!

Mey

Ça m’a bouleversée … tes images me font vibrer, mais le film.!!!!.. j’y étais ! tu m’a emmenée avec toi à travers les rues d’Old Dehli , secouée dans le Rickshaw , mes yeux balayant tout ce qu’ils pouvaient, même les odeurs y étaient… Tu m’as donnée l’envie d’y aller la 1ere fois, depuis l’Inde ne m’a pas quittée. j’espère pouvoir y retourner au plus vite . Merci pour ce partage 🙏 💕

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