LES ZOOMS 2017

(For English, see below the slideshow)

Chaque année, dans le cadre du concours « Les Zooms » du Salon de la Photo de Paris, neuf rédacteurs en chef ou directeurs de rédaction de la presse photo désignent un "photographe émergent" et présentent leur dossier au public ainsi qu'au jury, qui sera cette année, Vincent Perez.
J’ai l'honneur d’être la photographe sélectionnée par Vincent Trujillo, Directeur du magazine Le Monde de la Photo, que je remercie très chaleureusement pour sa confiance.
Deux prix sont décernés chaque année, l’un par le public, l’autre par la presse spécialisée photo. Les résultats seront proclamés le 26 septembre 2017.
Le reportage retenu est ma série photographique sur les éleveurs de rennes de Mongolie, réalisé en hiver 2015, intitulé « Auprès de mon renne, un hiver chez les Tsaatans ».

Je suis très heureuse d'avoir remporté le Prix du Public et remercie tous ceux qui ont voté pour ma série.

Par Vincent Trujillo
éditeur du Monde de la Photo, juin 2017

Lorsque je rencontre Céline, il y a quelques années, sur le salon de la photo, je fais connaissance avec une grande voyageuse. Son regard s’illumine à l’évocation des destinations que nous connaissons tous les deux, et sur lesquelles nous partageons quelques anecdotes. Je suis tout de suite sensible à sa démarche qui s’inscrit viscéralement dans le désir d’aller à la rencontre de l’autre, de se nourrir de l’émotion de ces moments où deux cultures se rencontrent. Je suis loin d’imaginer quelques années plus tard que la photographie est en passe de devenir son métier. Et pourtant, avec le recul, comment ne pas imaginer la logique implacable de ce parcours. La photographie s’est imposée naturellement et lentement pour donner un sens et une trace à cette passeuse de frontières.

Parmi les endroits du monde qu’elle affectionne, la Mongolie tient une place particulière. Elle y réalisera plusieurs voyages au long cours. Passé de l’autre côté du miroir, je suis encore sur mes gardes quand Céline me propose de voir un récent travail (2015) sur des éleveurs de rennes : les Tsaatans. J’ai peur que l’innocence de nos premiers échanges disparaisse à la vue d’un sujet éculé, déjà vu. Les Évènes, les Sami, les Nénètses ont déjà remplit les pages de papier glacé de nombreux magazines et l’imaginaire des mémoires collectives, et c’est désormais en tant que photographe et éditeur que nous nous revoyons. En découvrant ses images en noir et blanc sur cette communauté qui vit en Mongolie, Céline réussit immédiatement à me transporter avec elle dans ce camp et la rudesse d’un hiver à l’est. Je me surprends à redécouvrir ce mode de vie.
Cliché après cliché, je savoure la narration picturale, ce traitement noir et blanc singulier, cette sensibilité des regards,

cette humanité des visages, la simplicité d’un quotidien et de gestes immuables, ces lumières crayeuses. Cette parole visuelle démontre une symbiose et une joie de vivre palpables. C’est tout simplement un travail de photo reportage magnifique, juste et puissant. Je n’ai jamais eu l’occasion de voyager en Mongolie, mais je ne serai jamais assez reconnaissant à Céline, de m’avoir permis, le temps de quelques instantanés, de faire ce voyage par procuration. Ainsi j’ai pu, moi aussi, marcher aux côtés de ces Tsaatans, embrasser la rudesse de l’hiver mongol, veiller sur des rennes sauvages ou éprouver la frugalité de moments simples au cœur de la nature. Ce fut un voyage imaginaire vibrant. La photographie a quelque pouvoir mystique et Céline, le temps d’un hiver, s’est muée en une de ses dignes prêtresses.
Bravo !

Each year, as part of the Paris Photo Fair's competition “les Zooms”, nine photo magazine editors choose an « emerging photographer » and present their work to the public and the Jury, which this year is headed by Vincent Perez.
I am very honoured to be appointed by Vincent Trujillo, Editor-in-Chief of the magazine "Le Monde de la Photo" as their photographer of choice in this year’s contest, and I sincerely thank him for this opportunity.
Two prizes will be awarded, one each by the public and by the press. The results will be announced on September 26th.
The reportage which has been selected is a series of images captured in the Winter of 2015 that focuses on the Mongolian reindeer herders, which I have titled "By my reindeer, a winter among the Tsaatans".

If you appreciate my work, I would be grateful for your support and you can vote here.

Vincent Trujillo
Director of Le Monde de la Photo, June 2017

When I first met Celine, a few years ago, at the Salon de la Photo of Paris, I became acquainted with a great traveler. Her eyes illuminated with the evocation of the destinations that we both know, and upon which we share a few anecdotes. I was immediately drawn to her approach which is viscerally engraved in the desire to meet the other person, to feed on the emotion of those moments when two cultures come into contact. I couldn't have imagined that, a few years later, photography would become her profession. And yet, in hindsight, how can we not imagine the implacable logic of this journey. Photography has imposed itself naturally and slowly to give a meaning to, and leave a mark upon, to this ferrywoman of frontiers.

Among the countries of the world that Celine loves, Mongolia holds a special place in her heart. She will go on to make several long-distance trips there. From the other side of the mirror, I am still on my guard when Celine proposes that I view a recent work (2015) on reindeer herders: the Tsaatans. I am afraid that the innocence of our first exchanges will disappear at the sight of a worn-out subject already seen. The Evens, the Sami and the Nenets have already filled the glossy pages of magazines as well as the imagination of collective memories, and it is now as a photographer and publisher that we see each other again. By in discovering her black and white images of this community that lives in Mongolia, Celine immediately managed to transport me with her to this camp with her, and into the roughness of a winter in the east. I find myself rediscovering this way of life.

One shot after the other, I savour the pictorial narration, this singular black and white treatment, this sensitive eye, the humanity in the faces she captured, the simplicity of daily life and the immutable gestures, these chalky lights. This visual language demonstrates a palpable symbiosis and joie de vivre. It is simply a wonderful body of work, fair and powerful. I have never had the opportunity to travel to Mongolia, but I can never be grateful enough to Celine for allowing me, thanks to a few images, to virtually accompany her on this trip. So it was that I was able to walk alongside the Tsaatans, to embrace the harshness of the Mongol winter, to watch over wild reindeer, and to experience the frugality of simple moments in the heart of Nature. It was a vibrant imaginary journey. Photography has some mystical power, and Celine, over the course of a winter, has become one of its worthy priestesses.
Congratulations!