100% Pashmina

Le pashmina, encore appelé « l’or en fibre », est la variété la plus noble du cachemire, une laine extrêmement douce, chaude et précieuse. Par extension, le terme pashmina est de nos jours utilisé pour désigner les châles, étoles et écharpes qui inondent les marchés du monde entier, sans oublier de porter la mention « 100% pashmina », en guise d’authenticité !

Étant au cœur de ce commerce lors de mon dernier voyage au Cachemire en automne dernier, j’ai voulu percer le secret du pashmina en visitant quelques ateliers de tissage familiaux. C’est en déambulant à travers les petites ruelles de Srinagar, que j’ai pu entendre les métiers à tisser claquer sous les toits des maisons en briques rouges.

Les chèvres du Ladakh

Ma première grande surprise fut d’apprendre que la laine ne provient pas du Cachemire, mais d’une région voisine, le Ladakh. Les chèvres Capra Hircus vivant à plusieurs milliers de mètres d’altitude, développent un duvet extrêmement fin au niveau du cou pour se protéger des conditions glaciales de l’Himalaya. Au printemps, les poils sont brossés, puis triés, pour ne garder que les plus fins. Les fibres seront ensuite lavées, filées à la main et tissées sur un métier en bois suivant une tradition ancestrale. Les étoffes obtenues revêtent alors la couleur de la chèvre, couleur crème, mais peuvent aussi être teintées ou brodées, comme celles que je vous présente ici.

6 mois pour broder un châle

Un artisan cachemiri a bien voulu m’ouvrir les portes de son atelier. Cette minuscule pièce, éclairée par une simple ampoule suspendue à un fil et quelques rayons de lumières provenant d’une fenêtre, est tout juste assez grande pour accueillir son métier à tisser. On le voit ici broder avec une patience infinie un châle en laine de pashmina. Six mois lui seront nécessaires pour terminer cette pièce unique ; une vraie peinture textile. Les deux châles annuels nécessaires à nourrir sa famille de trois enfants seront vendus à un négociant qui, lui-même vendra cette pièce à des maisons de mode de prestige. Nous pouvons nous demander d’où proviennent les milliers de châles affichés 100% pashmina, que l’on trouve sur les étalages des marchés.

Il me tarde de poursuivre cette route du pashmina et d’aller à la rencontre de ces chèvres haut perchées. Mais en attendant, un nouveau périple à travers les steppes mongoles m’attend et je vous donne donc rendez-vous dans quelques semaines.

Belle découverte.

Céline Jentzsch

 

4 commentaires sur “100% Pashmina”

  1. Chère Céline

    Encore une série digne de ton immense talent de photographe de voyage.
    Merci de nous faire rêver en partageant avec nous toutes ces belles choses du monde et de la vie…
    Je me réjouie déjà de ce que tu vas nous rapporter de ces magnifiques steppes asiatiques…

    Sam 😉

  2. Encore de magnifiques photos agrémentées d’un joli petit récit au travers duquel je continue de voyager de par le vaste monde. Tu combles le voyageur immobile que je suis. Une série qui à mon avis mériterait d’être exposée. Bravo Céline et merci.