Froid glacial à Pékin

Depuis mon balcon, d’où je contemple chaque soir les étoiles – du moins celles qui veulent bien se montrer - je sens le froid resserrer son étau sur mes épaules déjà fatiguées.

Ce soir, ma silhouette se rétrécit au plus profond de mon manteau. Un courant d’air me frôle et déclenche une vision lointaine. Mes cellules ont gardé l’empreinte d’une escapade pékinoise en plein mois de janvier.

La capitale et tous ses badauds furent, l’espace de quelques jours, la proie d’un froid polaire complice d’un vent cinglant. Ressenti -17 degrés. J’ai connu des températures bien plus basses en Sibérie, mais rarement le froid n’a été aussi impitoyable.

Harnachée de plusieurs couches de plumes, je déambule malgré tout dans les quartiers anciens. Les sept heures de décalage horaire me donnent une vision encore plus irréelle des scènes de vie, tandis que je cherche mon orientation dans le labyrinthe des hutongs. Même les couleurs semblent ne pas avoir trouvé leur chemin, ce qui m’inspirera ces demi-teintes dans mes photographies.

La fumée ou les vapeurs s’échappant des restaurants ne m’offrent qu’un espoir éphémère, car les températures intérieures ne parviennent pas non plus à réchauffer la surface de ma peau. Un grand bol de soupe fumante — trop chaude pour ne pas imiter les Chinois dans leur art de la « slurputation » — peine pourtant à me réconforter.

Même si mon horloge biologique réclame fortement le printemps, je me surprends à aimer ce voyage au cœur du gel.

La photographie s’est faite plus discrète pour moi ces 3 dernières années, non pas par désintérêt, mais parce que l’image animée a pris toute la place. Le film est devenu un nouvel élan créatif, que vous avez peut-être eu l’occasion de découvrir, sinon, je vous donne rendez-vous sur ma page « Vidéos ».

Je ne vous cache pas que me replonger dans ces photographies me laisse songeuse, je me demande quel est le sens de publier ces clichés, si ce n’est d’ajouter d’énièmes images à un monde qui en est déjà saturé ?
Pourtant, je me remémore avec nostalgie cette époque de l’insouciance, du "pour qui, pour quoi", où le simple plaisir d’observer et de presser sur le déclencheur suffisait. Aujourd’hui, une conscience plus aiguë, presque encombrante, a remplacé cette légèreté. J’ai parfois du mal à me retrouver dans ce nouveau regard, plus grave, qui questionne chaque image avant même qu’elle n’existe.

J’ai encore du mal à accepter cette remise en question qui a agi comme un grand frein sur mes articles de blog. Mais, aujourd’hui, j’ai envie de revisiter ces instants éphémères, les revoir, m’en imprégner à nouveau pour le simple plaisir et ce, qu’ils soient vus par d’autres ou non.

Qu'en pensez-vous ?

Alors peut-être que c’est un nouveau départ, une invitation à redécouvrir et faire découvrir des photos d’archives et sans pression de résultat … ou peut-être de relancer un atelier d’écriture … à suivre, ou pas, je lance une bouteille à la mer.

Portez-vous bien.

Céline

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