{"id":7511,"date":"2014-08-11T21:26:08","date_gmt":"2014-08-11T20:26:08","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cfotogenic.com\/?p=7511"},"modified":"2017-06-04T18:06:33","modified_gmt":"2017-06-04T16:06:33","slug":"premiers-pas-en-terre-mongole-steppes-by-steppes","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/celinejentzsch.com\/en\/premiers-pas-en-terre-mongole-steppes-by-steppes\/","title":{"rendered":"Steppes by steppes: premiers pas en terre mongole"},"content":{"rendered":"<p>Avez-vous d\u00e9j\u00e0 observ\u00e9 ces voyageurs qui, en file indienne ou en chenille, avancent lentement vers le guichet d\u2019immigration ? Tenant leur passeport \u00e0 hauteur de la poitrine comme un livre de messe, la t\u00eate et le dos bien droits, ils transpirent une sorte d\u2019inqui\u00e9tude. Au moment de passer la ligne jaune, leur regard fuit vers l\u2019horizon. L\u2019officiel en uniforme assis en contre-bas dans son box impressionne. Ce malaise, totalement injustifi\u00e9, est en m\u00eame temps teint\u00e9 d\u2019espoir de pouvoir quitter cette zone de transit, celle o\u00f9 l\u2019on est ni tout \u00e0 fait parti et ni tout \u00e0 fait arriv\u00e9.<\/p>\n<p>Le tampon qui vient s\u2019\u00e9craser sur une page vierge de mon passeport est comme un coup de marteau qui prononce d\u00e9finitivement la sentence et m\u2019annonce que je suis autoris\u00e9e \u00e0 entrer sur le territoire. L\u2019encre diffuse sur le papier, tout comme je vais me diffuser sur cette nouvelle terre pendant quelques semaines. Je me dirige vers la sortie de l\u2019a\u00e9roport et re\u00e7ois avec violence la luminosit\u00e9 \u00e9blouissante du soleil au z\u00e9nith, celle qui br\u00fble d\u00e9j\u00e0 les steppes environnantes.<\/p>\n<h4><em>Bienvenue en Mongolie !<\/em><\/h4>\n<p>Est-ce bien raisonnable de m\u2019aventurer \u00e0 d\u00e9rouler quelques lignes \u00e0 propos de cette terre qui m\u2019est encore si \u00e9trang\u00e8re le jour de mon arriv\u00e9e ? Celle de qui j\u2019ai tout \u00e0 apprendre, tel l\u2019enfant qui fait ses premiers pas dans un monde inconnu ? Cette terre tant\u00f4t joyeuse et luxuriante, tant\u00f4t aride et fun\u00e8bre mais habit\u00e9e par un peuple chaleureux qui me guidera vers un retour \u00e0 une vie simple, une vie n\u00e9anmoins teint\u00e9e d\u2019une rudesse d\u00e9concertante pendant plus de la moiti\u00e9 de l\u2019ann\u00e9e?<\/p>\n<p>Je ne vous d\u00e9voilerai pas tout cette fois-ci, mais je ne peux r\u00e9sister \u00e0 l&#8217;envie de partager quelques fragments de sensations et de d\u00e9couvertes, accompagn\u00e9s d\u2019images. Ce premier voyage en Mongolie pr\u00e9sage de belles perspectives dont je vous ferai part cet automne. R\u00e9jouissez-vous d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 de l\u2019\u00e9v\u00e8nement que je garde encore au chaud, afin qu\u2019il soit suffisamment mature lorsqu\u2019il verra le jour.<\/p>\n<p>D\u00e8s que l\u2019on quitte Oulan Bator, la capitale dont l\u2019architecture contrast\u00e9e m\u00eale modernit\u00e9 et tradition, la steppe se d\u00e9roule avec douceur vers l\u2019horizon et s\u2019\u00e9tire \u00e0 perte de vue.<\/p>\n<blockquote><p>L\u2019ondulation des collines est rythm\u00e9e par le passage \u00e9ph\u00e9m\u00e8re des nuages, qui, tels des blancs en neige, flottent sur une cr\u00e8me de verdure et r\u00e9v\u00e8lent par intermittence ombre et lumi\u00e8re.<\/p><\/blockquote>\n<p>Je pars pour trois semaines de piste et l\u2019odeur camphr\u00e9e de l\u2019herbe m\u2019accompagnera tout au long du s\u00e9jour. La Mongolie compte 48 000km de pistes (pour beaucoup reconnues par le GPS), contre 1 500km seulement de routes asphalt\u00e9es !<\/p>\n<p>Le paysage et les images d\u00e9filent devant moi tels une bobine de film avant\u00a0que\u00a0je n&#8217;arrive\u00a0au premier camp de nomades, dans la r\u00e9gion de Karakorum. Tr\u00e8s vite, j\u2019aper\u00e7ois des centaines de troupeaux, libres de s\u2019\u00e9loigner des yourtes pendant la journ\u00e9e. Les moutons paraissent si petits sur ces espaces immenses que l\u2019on croirait des haricots blancs et noirs sem\u00e9s \u00e0 la vol\u00e9e. Plus loin, ce sont des amas de yaks, qui, d\u2019un pas lourd et nonchalant, cherchent un coin d\u2019herbe un peu plus vert. Lorsque je l\u00e8ve les yeux j\u2019aper\u00e7ois divers\u00a0rapaces qui tournoient dans le ciel. Scrutant le sol,\u00a0ils sont en qu\u00eate de leur prochaine proie. Les rongeurs les fuient en regagnant avec empressement leurs terriers, tout comme ils nous fuient lorsque notre v\u00e9hicule avance sur la piste.<\/p>\n<h4>La Mongolie est un pays o\u00f9 il faut se rendre pour en comprendre l\u2019immensit\u00e9.<\/h4>\n<p>Tel un grain de sable du Gobi, on perd rapidement la notion de distance et\u00a0de temps. Le touriste est d\u2019ailleurs connu pour ses questions de n\u00e9ophytes\u00a0: \u00ab quand, combien, o\u00f9\u00a0?\u00bb, ce qui fait sourire les Mongoles. Ils vivent au rythme des saisons, du soleil, de leurs troupeaux, de l\u2019\u00e9tat des routes &#8230; un rythme proche de celui de la nature. En p\u00e9n\u00e9trant aux portes du d\u00e9sert de Gobi je me surprends \u00e0 ressentir une sorte d\u2019angoisse, de peur du vide, de l\u2019immensit\u00e9, du n\u00e9ant. Seules\u00a0quelques carcasses d&#8217;animaux \u00e9parses t\u00e9moignent qu\u2019une vie\u00a0a exist\u00e9 sur cette terre.<\/p>\n<p>Mais il n\u2019y a pas que la nature qui m\u2019aura s\u00e9duite. La travers\u00e9e des rares villes et villages aux toits color\u00e9s qui ressemblent \u00e0 des l\u00e9gos est aussi extr\u00eamement int\u00e9ressante pour d\u00e9couvrir la vie locale. Et quelle ambiance lorsque le vent s\u2019engouffre dans les venelles ! Comme \u00e0 grands coups de balais, il soul\u00e8ve toute la poussi\u00e8re du sol et oblige les passants \u00e0 baisser la t\u00eate et \u00e0 s\u2019incliner davantage pour se prot\u00e9ger et avancer.<\/p>\n<blockquote><p>Chaque jour qui passe est une invitation \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer davantage dans cette culture mongole.<\/p><\/blockquote>\n<p>Les nomades m\u2019accueillent avec authenticit\u00e9 et conservent leur c\u00e9r\u00e9monial habituel lorsqu\u2019un h\u00f4te passe le pas de la yourte : on me sert un bol de lait de yak, de lait de jument ferment\u00e9 ou d\u2019alcool de lait, puis quelques g\u00e2teaux. Si un homme est pr\u00e9sent, il sort d\u00e9licatement sa tabati\u00e8re de son deel, sa longue robe cousue d\u2019une pi\u00e8ce qui s\u2019ouvre sur le c\u00f4t\u00e9 gauche. Alors, j\u2019accepte le flacon en pierre taill\u00e9e de la main droite et je n\u2019oublie pas de placer ma main gauche sous le coude droit. Je d\u00e9pose un peu de cette fine poudre contenue dans la tabati\u00e8re entre le pouce et l\u2019index, fais passer la fiole \u00e0 mon voisin et respire ensuite l\u2019odeur d\u00e9licate de cet encens. Je vous d\u00e9crirai la vie nomade plus longuement dans un article d\u00e9di\u00e9 d\u2019ici quelques mois, mais je ne peux cesser de revivre ces sc\u00e8nes et de revoir ces gestes.<\/p>\n<p>Si vous souhaitez p\u00e9n\u00e9trer davantage au c\u0153ur de la vie mongole, qu&#8217;elle soit\u00a0culturelle, politique, historique, \u00e9conomique et ethnologique, je vous recommande vivement le livre de Marc Alaux \u00ab <a title=\"Editions Transbor\u00e9al\" href=\"http:\/\/www.transboreal.fr\/librairie.php?code=TRASIYOU\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Sous les yourtes de Mongolie<\/a> \u00bb (\u00e9ditions Transbor\u00e9ales). Il offre un r\u00e9cit riche et poignant sur la vie nomade qu\u2019il a c\u00f4toy\u00e9e lors des 6 000km qu\u2019il aura parcourus \u00e0 pied.<\/p>\n<p>Je vous souhaite \u00e0 tous un tr\u00e8s bel \u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>C\u00e9line<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019ondulation des collines est rythm\u00e9e par le passage \u00e9ph\u00e9m\u00e8re des nuages, qui, tels des blancs en neige, flottent sur une cr\u00e8me de verdure et r\u00e9v\u00e8lent par intermittence ombre et lumi\u00e8re.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":20523,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"gallery","meta":{"footnotes":""},"categories":[56,68],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/celinejentzsch.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7511"}],"collection":[{"href":"http:\/\/celinejentzsch.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/celinejentzsch.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/celinejentzsch.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/celinejentzsch.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7511"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/celinejentzsch.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7511\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20206,"href":"http:\/\/celinejentzsch.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7511\/revisions\/20206"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/celinejentzsch.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/20523"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/celinejentzsch.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7511"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/celinejentzsch.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7511"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/celinejentzsch.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7511"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}